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Historiographie

Jusqu'à récemment, aucun ouvrage ne donnait une vue générale sur l'histoire des Juifs en Tunisie. En 1888, David Cazès publie L'Essai sur l'histoire des Israélites de Tunisie, mais s'arrête à la période précédant l'établissement du protectorat français.

Pour Michel Abitbol, c'est la fin de la Seconde Guerre mondiale et la dissolution progressive de la communauté juive, dans le contexte de la décolonisation et de l'évolution du conflit israélo-arabe, qui fait de l'étude de l'histoire des Juifs un sujet à part entière. Mais, selon Habib Kazdaghli, le départ de la majeure partie de la communauté juive tunisienne pour l'étranger est une explication au faible nombre d'études liées au sujet. Mais il fait aussi remarquer que, dès les années 1990, on assiste à une production abondante d'ouvrages publiés par des auteurs qui font partie intégrante de cette communauté, ainsi qu'à la multiplication d'associations de Juifs selon leur lieu d'origine, comme l'Amicale des Juifs de l'Ariana, l'Association des Juifs originaires de Bizerte ou l'Association mondiale des Israélites de Tunisie.

André Chouraqui donne une place importante à cette étude dans son Histoire des Juifs en Afrique du Nord (1952), qui sera d'ailleurs rééditée deux fois en 1972 et en 1985. Il en va de même pour Haïm Zeev Hirschberg qui publie en hébreu l'Histoire des Juifs en Afrique du Nord (1965) qui est traduit en anglais en 1974-1981. D'autres pionniers, comme Robert Attal et Yitzhak Avrahami, ont également entrepris d'importants travaux de recherche qui ont mis à disposition des chercheurs d'importantes masses bibliographiques. Mais c'est finalement Paul Sebag qui fournit dans son Histoire des Juifs de Tunisie. Des origines à nos jours (1991) un premier développement entièrement consacré à l'histoire de ce peuple. En Tunisie, suite à la thèse d'Abdelkrim Allagui, un groupe sous la direction d'Habib Kazdaghli et Abdelhamid Larguèche a fait entrer la thématique dans le champ des recherches universitaires nationales.

Néanmoins, le sort de la communauté juive durant la période de l'occupation allemande de la Tunisie (1942-1943) reste relativement peu couvert par l'historiographie récente. C'est ainsi que le colloque « Histoire communautaire, histoire plurielle : la communauté juive de Tunisie » tenu à l'Université de la Manouba en février 1998 — le premier du genre sur ce thème de recherche — et dont les actes ont été regroupés dans une publication, ne l'évoque pas. Pourtant, le travail de mémoire de la communauté existe, avec les témoignages de Robert Borgel et Paul Ghez, les romans La Statue de sel d'Albert Memmi et Villa Jasmin de Serge Moati, ainsi que les travaux de quelques historiens.

 
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