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Juifs berbères en Tunisie : Histoire et origine

Les Juifs berbères ou Berbères juifs sont les communautés juives du Maghreb qui historiquement parlaient les langues berbères et/ou sont d’origine berbère. Entre 1950 et 1970, la plupart ont émigré en France, aux États-Unis ou en Israël.

Histoire & Antiquité

Des juifs se sont installés en Afrique du Nord depuis l’époque romaine, et une communauté juive existait dans la province romaine d’Afrique, qui est la Tunisie moderne. Le terme Ifriqiya qualifiait la région que nous connaissons aujourd’hui en tant que Tunisie. L’acceptation du judaïsme par les Berbères en tant que religion, et son adoption par un certain nombre de tribus, peut avoir eu lieu au fil du temps. L’historien français Eugène Albertini date la judaïsation de certaines tribus berbères, et leur expansion de Tripolitaine, aux oasis du Sahara, à la fin du ier siècle. Marcel Simon, pour sa part, voit le premier point de contact entre les Berbères de l’Ouest, et le judaïsme, dans la première guerre judéo-romaine. Les historiens pensent, d’après les écrits d’Ibn Khaldoun et d’autres témoignages, que certaines des anciennes tribus berbères judaïques ont adopté plus tard le christianisme et ensuite l’islam, et on ne sait pas si elles font partie des ancêtres juifs berbérophones contemporains.

LES BERBERES JUIFS DE TUNISIE
LES BERBERES JUIFS DE TUNISIE

Origines des juifs berbère en Tunisie

Concernant leur origine, certains pensent que la majorité sont des Berbères (et donc autochtones) convertis au judaïsme suite au contact avec les premiers juifs arrivés en Afrique du Nord, tandis que d’autres pensent que la majorité sont d’origine judéenne. Dans le passé, il aurait été très difficile de savoir si ces clans juifs berbères étaient à la base d’origine israélite, et s’étaient assimilés aux Berbères par la langue et certaines habitudes culturelles, ou s’ils étaient des Berbères autochtones qui, au cours des siècles, étaient devenus juifs via la conversion, par le contact avec les migrants juifs. La deuxième théorie a été développée principalement dans la première moitié du xxe siècle, dans le cadre de la quête des autorités coloniales françaises pour découvrir, et souligner les coutumes préislamiques parmi la population berbéro-musulmane, puisque ces coutumes et modes de vie étaient considérés comme plus sensibles et assimilables au mode de vie français, légitimant la politique selon laquelle les Berbères seraient régis par leur propre loi « coutumière » plutôt que par la loi islamique.

Par conséquent, les principaux partisans de cette théorie étaient des savants comme Nahum Slouschz, qui travaillait en étroite collaboration avec les autorités françaises. D’autres chercheurs tels qu’André Goldenberg et Simon Lévy l’ont également favorisé.

Franz Boas a écrit en 1923, qu’une comparaison des Juifs d’Afrique du Nord avec ceux de l’Europe occidentale et ceux de la Russie “montre très clairement que dans chaque cas nous avons une assimilation marquée entre les Juifs et les peuples parmi lesquels ils vivent” et que “les Juifs d’Afrique du Nord sont, en traits essentiels, des Nord-Africains”.

Haim Hirshberg, un important historien de la communauté juive nord-africaine, a remis en question la théorie de la judaïsation massive des Berbères dans un article intitulé « Le problème des Berbères judaïsés ». Un des points soulevés par Hirshberg dans son article était que Ibn Khaldoun, la source de la théorie des Berbères Judaïsés, écrivait seulement que peu de tribus « auraient » pu être judaïsées dans les temps anciens et affirmait qu’à l’époque romaine, les mêmes tribus étaient christianisées.

La théorie d’une judaïsation massive de la population berbère a été encore écartée par une étude récente sur l’ADN mitochondrial (transmis de la mère aux enfants). L’étude réalisée par Behar et al. qui a analysé de petits échantillons de Juifs d’Afrique du Nord (83, en Libye, 149, au Maroc, 37, en Tunisie) indique que les Juifs d’Afrique du Nord manquent des hapologroupes Hg M1 et U6, qui sont typique d’Afrique du Nord. Ainsi, selon les auteurs, l’absence de chromosomes U6 et M1 chez les Nord-Africains rend improbable la possibilité d’un mélange significatif entre les populations locales arabes et berbères, avec les Juifs.

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