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Hammouda Pacha Bey

Hammouda Pacha Bey est le fils de Mourad Bey et d’une odalisque d’origine corse du nom de Yasmine. Souverain bâtisseur, il fait notamment édifier plusieurs souks dans la médina de Tunis ainsi que plusieurs palais dont le Dar Hammouda Pacha et le Dar El Bey qui devient le siège de l’administration beylicale puis le premier ministère. En 1655, il fait construire par des ingénieurs ottomans la mosquée Hammouda-Pacha de style turque.

Hammouda fait élire Usta Mourad, par la milice turque de Tunis, comme dey en 1637. Celui-ci, ami de son père, est un ancien corsaire dont les sources européennes évaluent les prises à près de 900 navires et plus de 20 000 prisonniers qu’il fait vendre sur le marché aux esclaves de Tunis.

Il épouse la très populaire princesse Aziza Othmana, petite fille d’Othman Dey, et constitue en son nom le plus important habous du pays ; la totalité des terres est évaluée à près de 90 000 hectares répartis dans tout le pays. Le revenu de ces terres alimente plusieurs fonds de soutien aux indigents de l’hôpital Aziza Othmana, ainsi que l’entretien d’édifices religieux en Tunisie ou dans les villes saintes de l’islam. Une partie seulement était reversée aux descendants d’Aziza Othmana. Il faut attendre 1957 et la dissolution des habous pour voir la liquidation ou la nationalisation des biens d’Aziza Othamana.

Il obtient du dey de Tunis, Ahmed Khodja Dey, le droit de mettre sur pied un corps de spahis de près de 600 cavaliers ottomans pour sa propre protection ; le commandement en est assuré par l’agha des spahis. De plus, c’est sous son beylicat que l’île de Djerba, qui dépendait du pacha de Tripoli, est définitivement annexée à la Régence de Tunis, même si ce sont plutôt les efforts diplomatiques de Youssef Dey qui l’ont permis.

En 1647, au comble de sa puissance, il nomme tous les fonctionnaires et parvient à mettre au pas la milice des janissaires. En 1659, le sultan ottoman le nomme pacha de Tunis. Mais les activités de piraterie gênent les puissances européennes ; la France envoie donc une importante escadre faire une démonstration de force. Hammouda, voulant éviter un conflit, accepte un traité le 25 décembre 1665. Il y est spécifié que la Tunisie reconnaît la prééminence du consul français sur les autres consuls étrangers et lui accorde le droit de commercer où bon lui semble dans toute la Tunisie.

En 1663, fatigué par l’âge, il se démet progressivement de son pouvoir au profit de ses trois fils : Mourad II Bey prend la succession beylicale de Tunis, Mohamed El Hafsi Bey dirige les sandjaks de Kairouan, Sfax, Sousse, Monastir et tous ceux du sud du territoire, et le plus jeune frère Hussein Bey dirige les sandjaks sur la frontière tuniso-algérienne. Commence alors une lutte pour la succession entre les fils de ceux-ci. Hammouda meurt en 1666 dans l’actuelle Dar El Bey qu’il avait construit pour être plus proche du peuple.

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