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Mourad Bey

Mourad Bey est un bey de Tunis, représentant de la dynastie des Mouradites, de 1613 à 1631.

Originaire de Corse, de son vrai nom Jaques Senty, il a été capturé par des corsaires tunisiens à l’âge de neuf ans et vendu au dey de Tunis. Élevé par Youssef Dey, il en fait son lieutenant et son second bey, en 1613, le chargeant de mener des missions de pacification de l’arrière-pays et de collecte des impôts à la tête d’une colonne armée, la mhalla. Il succédait à Romdhane Bey, le premier véritable bey de Tunis. Il s’enrichit par la course et obtient par la suite le titre de pacha et le droit de transmettre sa charge de bey, avec l’accord de Youssef Dey, à son fils et héritier Hammouda. C’est ainsi qu’est fondé la dynastie des beys mouradites dont les représentants joueront un rôle prépondérant dans le gouvernement de la Tunisie.

Mourad Bey jouissait de l’égard du sultan ottoman mais aussi d’une grande autonomie administrative et d’une singulière indépendance politique, sans doute en raison de l’éloignement géographique et du jihad que les corsaires tunisiens étaient censés mener contre la chrétienté. En réalité, le gouvernement de Tunis — le dey, le bey et le diwan — s’autorisait à conclure des traités de paix et de commerce avec les souverains des grands États de l’Europe à l’insu du sultan. Celui-ci se contentait de donner l’investiture triennale au pacha, qui était censé représenter le gouvernement ottoman à Tunis, et de recevoir à cette occasion, de la part du diwan, les cadeaux traditionnels en espèce et en nature.

Les hommes au pouvoir à Tunis ne demandaient eux-mêmes aux villes et aux tribus de l’intérieur que le minimum de dépendance nécessaire au maintien de l’ordre et de la sécurité. Le bey du camp ne levait pas à proprement parler un impôt mais une sorte de tribut annuel qui, une fois acquitté par les intéressés, permettait à ceux-ci de vivre selon leurs us et coutumes. La Tunisie acquiert sous les premiers beys mouradites une réelle prospérité avec les activités de négoce et de course et la levée régulière des impôts.

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